« Je ne travaille pas à partir de dessins ou d’esquisses en couleur. Je peins directement. Je peins d’habitude sur le sol. J’aime travailler sur une grande toile. Je me sens mieux, plus à l’aise dans un grand espace. Avec la toile sur le sol je me sens plus proche d’un tableau, j’en fais d’avantage partie. De cette façon je peux marcher tout autour, travailler à partir des quatre côtés, et être dans le tableau comme les Indiens de l’Ouest qui travaillaient sur le sable. » Jackson Pollock.

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L’art commence avec la difficulté (André Gide). L’art sauvera le monde (Fiodor Dostoïevski).

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Il y a des Arts qui nous touchent, certains davantage. Il est vrai que le contact de la plume sur les doigts ne peut me laisser de marbre, c’est une passion, un plaisir impérissable, l’écriture. Le théâtre aussi, comme expression de soi à travers l’autre, jouer le collectif pour toucher l’individuel humain. Mais cela ne suffit plus. Explorer et découvrir encore… Voici l’aventure dans laquelle je souhaite être emportée. N’est-ce pas ce à quoi le monde aspire ? Être dérobé à la terre, un envol ou tout est possible, au-delà de l’habitude,  d’une « vie métronome ».

J’aime la complexité des choses, leurs nuances. Les questions et réflexions m’intéressent, les choses simples et évidentes m’indifférent. J’aime ce qui impose, ce qui fait réfléchir, ce qui perturbe. Pas simplement pour une quelconque originalité, non, plutôt pour ce qui s’apparente à un Boltanski, un Vostell, Soulages ou Claude Lévêque. La profondeur d’une œuvre, comme une expérience quasi-spirituelle propre à chacun.

Construire son « univers plastique » est le travail d’une vie, de circonstances, de découvertes, chocs et coups de cœurs. Une initiation vers l’exploration de soi et du monde qui nous entoure. Je crois d’ailleurs qu’il s’agit davantage d’une « rencontre », au-delà d’une simple création. Voici un peu de cet univers…

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Si j’aime m’engager en Art, car je pense que l’œuvre a une voix, une réelle influence sur le monde et la liberté de « parler » des choses, je ne me dirige pas moins vers une recherche plastique et esthétique, ou la notion de beauté est revisitée. J’entend cette idée de Beauté liée à la notion d’expérience. Expérience dans le vécu de la création, pour l’artiste, ce qui se rapproche de la performance. Vivre la création d’une œuvre comme une performance, un moment éphémère et précieux, ou la concentration est extrême : un rituel propre à chaque artiste. Celui-ci peut se noyer dans l’impulsion spontanée, à l’image de Jackson Pollock, ou faire preuve d’application et minutie. Dans ce travail récent, les mouvements musicaux punk et grunge m’influencent directement dans la manière de concevoir l’Art et créer. Par exemple, Michael Pitt (du groupe Pagoda) a une approche musicale très similaire : il présente ses compositions comme de vraies performances : jeux de sons/voix, déconstruction du schéma classique couplet/refrain, irruption d’instruments improbables…

Je me retrouve chez les artistes de l’Ecole de New York, pour leur tendance à l‘« action painting », une peinture d’instinct à la gestualité spontanée de Jackson Pollock, Franz Kline, Willem de Kooning ou William Baziotes.

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Pollock.

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L’acte physique de peindre m’est primordial. Le geste fait parti de la mise en état, aussi je peins à même le sol, sans pinceaux. Je préfère utiliser des truelles, comme on peut le voir avec Grisly Dance, Des boîtes en carton, des couteaux, verres, les coins des magazines parfois : tout ce qui est assez lisse et inégal en même temps pour étaler, faire « danser » la peinture. Il y a davantage de liberté. C’est aussi une question pratique : la plupart de mes toiles dépassent les 2 mètres de longueur.

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GRISLY DANCE, 2012.

Grisly Dance, comme son nom l’indique, est la représentation d’une danse macabre. Partir de l’abstraction pour aller vers un figuratif suggéré est une démarche qui m’intéresse tout particulièrement. Ainsi, on peut apercevoir un squelette, évoquant une ronde par sa position (détail), un second dans le coin inférieur droit, ainsi que trois crânes dans le coin inférieur gauche de la toile.

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Au sol, j’ai travaillé au couteau pour ce projet, avec de l’acrylique.

Valérie Favre m’a beaucoup inspiré dans son utilisation du mouvement et dans sa manière de structurer l’espace de la toile, entre vides et pleins,  lumière et obscurité, transparence, coulures et aplats de couleurs.  Le travail de la trace,  de la marque laissée sur la toile est une de mes recherches principale.

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Valérie Favre, Balls and tunnels Ersatz, 2004.

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Outre cette volonté de spontanéité, mes travaux témoignent d’une horreur du vide. Organiser l’espace pictural, aller parfois au-delà de celui-ci en couvrant toute la toile. Fuir le plat, chercher la profondeur. Peindre un déséquilibre équilibré, explorer cette profondeur  -qu’elle soit plastique ou ressentie- sont des objectifs que j’essaie d’atteindre, comme ici, dans Grisly Dance.

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Parce que les seuls gens qui m’intéressent sont les fous furieux, les furieux de la vie, les furieux du verbe, qui veulent tout à la fois. Jack Kerouac.

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Alors j’ai réfléchis à tout ce qui me manquerait, parce qu’au fond, on pense d’abord à nous. C’était ça, ma finalité. Plus de doutes, plus d’hésitations. Evacuer toute trace de résistance, jusqu’au plus petit morceau d’espoir. J’ai donc pensé à qui je ne manquerais pas et à ce que j’aurais voulu accomplir, pour régler cette affaire au plus vite. Pas grand chose à vrai dire. J’ai été une personne plutôt modeste, mais sensible aussi. J’ai vécu intensément, un peu trop peut être.
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Je me suis imaginé au tribunal, le tribunal de Dieu. A s’en aller, autant le faire comme il faut. Il y avait un petit ange rose et gras, comme ces cartes postales qu’on vous envoie du paradis. Je crois qu’il se moquait de moi, en chantant ses ‘Très chères condoléances’. Les gens sont cons.
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Il y avait un vieux aussi, à l’air pas commode. Et puis Pourquoi, le grand juge, m’a lâché d’une voix forte et pénétrante : ‘pourquoi’.
Pourquoi quoi ?, j’ai eu envie de lui répondre. Il avait une clope à la bouche et un blazer de rockeur dépassé. Il machouillait je-ne-sais-quoi d’une désinvolture remarquable. Ca m’a un peu énervé. Après tout, c’était mon jugement. Il aurait pu être fichu correctement. Alors je me suis levé et je lui ai dis ‘Pauvre con, tu sais ce que tu fais ?’. Enfin c’était presque ça, plus ou moins. J’ai bafouillé, mais je l’ai dis quand même ! Pauvre con.Il était impressionnant. Il me faisait même un peu peur, je crois. Tout le monde aurait bafouillé. Et puis… C’était moi, le con. Qu’est-ce qu’il faisait du bruit avec sa bouche ! Il m’a demandé, encore : ‘pourquoi’. On s’accroche à ce qu’on peut, je lui ai dis. Il a répété, ‘pourquoi’. Il commençait sérieusement à m’agacer, mais je restais stoïque. Il fallait jouer le jeu, que je me culpabilise un peu, ou c’était foutu. Alors j’ai réfléchis à pourquoi. Ce que je voulais faire, je lui ai dis. J’ai tout déballé, ou je sentais qu’il se répéterait. Je ne voulais pas qu’il se répète. Ca m’aurait rappelé mon père, ses histoires, un charabia perpétuel et surtout ennuyeux. Je lui ai donc tout raconté. Je me moquais de ce que les autres pensaient, un jour aussi ils y passeraient. Et ce jour là, je rirais à mon tour. Pour l’instant, ça me fichait le cafard. C’est fou comme tout ça m’assomait.
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Pour abréger, je ne me suis pas rebellé. Je ne voulais pas me justifier, j’acceptais tout, sans opposition, sans avocat et sans plaidoyer.
Pourquoi ? Je voulais vivre, je voulais mourir. Et puis voilà. J’ai pleuré, c’était sorti, enfin ! Il n’a pas répété ‘pourquoi’. Je suppose qu’il comprenait quel genre de con j’étais. Il soupirait sans cesse. Je croyais que c’était l’âge, mais il semblait vraiment déprimé. Je lui ai dis que je l’excusais pour la cigarette, que je comprenais. Au fond, je le plaignais un peu : passer son temps avec des crétins comme moi, il était fortiche, le type. Alors je lui ai dis que j’étais désolé, que j’aurais tant voulu être un type bien, quelqu’un d’autre, autre que moi, et tout ces machins-là qui vous sortent toujours d’affaire. Il avait ri. C’était un drôle de type, Pourquoi.
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Après, j’ai commencé à me sentir mal, à trembler. J’ai pleuré comme une fillette, et pour me donner du courage, pour ne laisser aucune place au regret, j’ai repensé à mes parents. Des gens biens. J’ai imaginé ces mecs de ma classe, ceux du métro, des rues et des cafés, tous aussi barbants les uns que les autres. Tous ces clowns prétencieux, ces femmes artificielles, ces gens égoïstes et fatiguants. Ma cousine qui venait d’avoir cinq ans et sa poupée Carrie. Oh j’étais pas bien différent. Mais quand même. Ils étaient tous là, antipathiques mais heureux, fêtant mon départ avec des cris de joie et de colère. Le coeur comme un ascenceur, la respiration en panique, je suffoquais ces derniers mots, ceux que j’avais choisi. Là encore, c’est allé de travers. Je me suis mis à rire, mais à rire ! Je venais de comprendre Pourquoi. Je riais à ne plus pouvoir m’arrêter. Bien qu’un peu déçu, j’étais habitué à ce que les choses ne se passent pas comme je les prévoyais.Mon crâne explosait. Je n’ai pas prié. Sûrement qu’Il savait déjà tout. Alors je me suis concentré une dernière fois, du mieux que j’ai pu. Avec zèle, j’ai respiré comme jamais, et laissé le coup éclater.
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J’ai trois pères : mon père biologique, Dieu et Bob Dylan. Jack White.

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Jack White, John Anthony Gillis en réalité, est né le 9 juillet 1975 à Détroit, aux Etats-Unis. Petit génie de la musique, il est chanteur, guitariste, pianiste et batteur. Pionnier du retour du ‘garage rock‘ avec White Stripes, duo qu’il partageait avec Meg White, sa compagne de 1996 à 2000. Ce personnage diablement sexy et ambigü désirait être prêtre ! Mais il finit, pour notre plus grand bonheur, par délaisser la vie religieuse pour sa passion : la musique.

Les White Stripes se séparent le 2 février 2011, et Jack White mène la danse sur deux fronts : auprès de The Raconteurs ou il compose, chante et gratte, sans oublier The Dead Weather (avec la chanteuse de The Kills, Alison Mosshart) ou il est batteur, chanteur et guitariste. Rajoutons à cela sa vie de producteur et sa maison de disque Third Man Records. En 2012, White sort un album solo, intitulé Blunderbuss.

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Jack White, Freedom at 21, Blunderbuss.

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I Fought Piranhas.

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The Dead Wheater, 60 feet tall.

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Aujourd’hui, force est de constater que le tatouage n’est plus ce qu’il était, du moins, plus dans son sens premier. Par essence, il était ce que les docs sont aux punks : un d’affirmation de soi, de son identité, de son clan. Pourtant, le tatouage n’a pas une histoire si évidente. 

 

Nous recevons tous au berceau les croyances de notre tribu en tatouage ; la marque peut sembler superficielle, elle est indélébrile. Oliver Wendell Holmes.

Tatouage de la tribu à l’origine, ces fameux ‘tribaux’ (Ploynésiens, ect.), très graphiques, sont souvent lourds de sens et de symboles (rien à voir avec leur utilisation actuelle) : des animaux sont marqués sur les peaux indiennes, chacun ayant son totem inscrit en lui-même (aigles, chevaux sauvages,…) ; mais aussi : l’inscription de motifs religieux (chez les aztèques en particulier), de personnages mythiques et symboles propres aux cultures (Asie : dragon, tigre…). Le trait, ainsi que l’esthétique diffèrent selon les pays et ethnies. Attention à ce que vous gravez sur votre corps, certains modèles sont bien plus connotés que vous ne le pensez !

Source : http://www.ecoles.cfwb.be/arpgestion/TATOUAGE/TATOUAGE/tatouages%201.htm

Appartenance et Identité

Le tatouage est en effet intimement lié à la question de l’identité : il témoigne de l’appartenance à une famille ou à un clan, comme on le retrouve plus tard chez les membres de gangs et ex-prisonniers. Plus généralement, le tatouage se développe au 20éme siècle, à travers l’apparition de nombreux ‘groupes sociaux’, partageant souvent les mêmes interêts et idéaux. Les contre-cultures, par exemple, aideront fortement à la démocratisation du tatouage : punks, skas, hippies, skinned, gothiques, street…

La rue, les grandes villes notamment, sont les premières à voir apparaître et se décomplexer cette forme d’expression qu’est le tatouage. Qu’il s’agisse de la culture hip hop aux Etats-Unis ou des punks en Angleterre, la culture urbaine en est l’encre originelle.

Esthétisation du corps

Depuis ces 20 dernières années, on observe une véritable explosion dans le monde du tatouage, milieu aujourd’hui affirmé et plutôt bien intégré : on rencontre davantage de salons, dans les villages aussi. Des conférences, soirées à thèmes, et même, des artistes reconvertis ouvrent boutique et nous narguent avec leurs Dali et Pasqua tatoués. Mais si le tatoo fait ‘parti du décor’ au Québec et à Londres, c’est moins évident en France. Les préjugés ont la peau dûre et ce n’est pas notre bonne culture judéo-chrétienne qui prouvera le contraire. Trouver du travail, s’intégrer socialement… Dans un contexte de crise, pas sûr que les hipsters de nos générations trouvent le courage nécessaire. Ce n’est pas demain la veille que nous pourrons arborer cette magnifique colombe (soyons raisonnables) sur notre épaule négligemment dénudée (sacrilège !). Enfin ce n’est, à mon avis, qu’une question d’habitudes et d’années.

Une réticence que l’on peut comprendre, si on ne l’accepte pas : le tatouage a un contexte, un arrière-plan chargé, une connotation plutôt négative, même son accueil change perceptiblement. Le tatouage rappelle les esclaves dans l’antiquité, les excommuniés au Moyen-âge, marqués au feu de leur pêchés. Comme du bétail, les prisonniers de guerre, tatoués. Et par dessus le marché, les dires du texte sacré : ‘Vous n’imprimerez point de figures sur vous.‘ (Lévitique 19:28).

Malgrés ces quelques résistances, il est certain que le tatouage tend à se démocratiser. Il n’est plus réservé aux mauvais garçons, aux rockeurs en herbe et artistes extraordinaires. Rappelez-vous, la vague Millénium, la so swagg Rihanna et notre perché préféré, Marc Jacobs. De retrour dans les défilés, le tatouage est devenu un accessoire de mode, une tendance assumée. Mais certainement pas éphémère, Mademoiselle…

Nombreux sont celles et ceux qui en portent un, tout petit, tout mignon, tout discret : signes asiatiques qui, souvent, ne veulent rien dire ; citations, papillons, encres marines, croix catholiques (supeeer tendance quoi !), hirondelles et autres ornements éminemment girly. Pour ces messieurs, on retourne vers nos classiques : étoiles, citations également, tribals, oeils, tigres et chiffres romains. Le tout en un sublime mélange de style : old school, design, mécanique, réaliste… Au gré de vos envies.

 

Art’style, par Xoil Aka Loïc.

Exemple de tatoos ‘old school‘ – Coeur de Pirate.

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A la mode…

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Zoom sur le site Suicide Girls, ou une communauté de belles jeunes femmes, tatouées et pierçées pour la majorité, célèbrent une Beauté Alternative. La plupart sont des modèles, et posent nues (ou presque), afin de transmettre une image nouvelle de la femme. Leur mission, donc : redéfinir la Beauté et le nu, au-delà des codes et préjugés.

« The nation wide art sleaze phenomenon ! » – Los Angeles Times

« The meeting place for people interested in alternative lifestyles. » – New York Times

« They’re beautiful ladies with crazy tattoos, piercings and dreadlocks. » – Dave Grohl

« They’re the girls next door – but more colorful and with better record collections » – Spin Magazine

« It’s like a punk rock vogue… with artful nude photos of women. » – Wired Magazine
Sur Facebook : https://www.facebook.com/#!/SuicideGirls

 

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Il y a des jours comme des révélations, des jours brûlants, ou l’on comprend que l’on a changé. Ce qui semblait fade, terne et vide, en un instant devient magie fascinante, une beauté insaisissable et merveilleuse. Trois secondes, aussi vite que soudain, votre regard n’est plus le même, il s’attache aux détails, s’arrête, voit ce que Lassitude ou Habitude tentaient de vous voler. J’étais tellement triste après toute cette horreur, cette superficialité et cette laideur, que le pinceau, et même le stylo, me rongeaient. Mes cauchemards m’inondaient les yeux de larmes invisibles et le visage de souffrances sourdes, et mes cris, rendus muets par cette lucidité qui était mienne, m’extirpaient la vie jusqu’à la moelle. J’étais un artiste raté, un écrivain raté, un fils raté. J’étais un raté, et voilà tout.
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Mais les racines de mon coeur n’étaient pas déchirées. A leurs pieds et dans mes rêves se trouvait un petit coffre, où, telle une chimère, habitait la blague la plus drôle de l’univers. Cette minuscule boîte contenait le rire d’une ombre gigantesque, flanquée de milles visages aux milliers d’yeux : le spectre du père, le fantôme des regards, l’esprit des injustices vaines et des portes noires, celles de la colère et de la haine, celle de l’imagination même.C’est l’histoire d’un type un peu déprimé, qui parcouru monts et marées pour rencontrer le génie, celui à qui tout est possible. Demandez et vous recevrez, avait-il dit. Le jeune homme laissa sa maison pour une misère, son travail au théâtre, ses amis au bar et son pays à la guerre. Il perdit son fils à Vegas et sa femme dans les bordels, jusqu’à qu’il ne lui reste plus que bras, liqueur et volonté. Alors il trouva enfin le génie au détour d’un chemin, qui lui demanda aussitôt ce qu’il désirait par-dessus tout. Le type, usé par les années, amer et désespéré lui répondit simplement qu’il avait oublié.
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Des portes que je m’efforçais de retenir, aussi magistrales et effrayantes soient-elles. Mais verroux et chaînes craquaient de tous côtés. Subito, le temps de trois secondes, elles explosèrent. Les ténèbres envahirent le petit coffre, qui éclata à son tour, libérant fantômes et illusions. Alors je vis la Beauté s’imposer, dans toute sa perfection, éphémère et puissante. Si petit soit-il, on comprend que le changement est certain, radical. L’éclatement de milliers d’yeux, comme un millier d’étoiles. Ce que je cru être de la peur me saisit d’abord, mais ce n’était qu’un lâcher-prise, une liberté enfantée par cette splendeur inattendue. Après tout… Voilà ce que je haïssais. La terre et le ciel infinis, cette simplicité et cette clarté à apprivoiser, comme une rééducation à l’émerveillement naïf. Mais j’aime encore trop l’obscurité…
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Moi et Surmoi s’entretiennent.

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